Stéf le 15.10.00
Je cite:
"La responsable de la stratégie d'investissement de la banque d'affaires Goldman Sachs, Abby Joseph Cohen, a déclaré que la récente baisse des marchés était exagérée et constituait de ce fait une bonne opportunité d'achat, notamment parce que la forte croissance de l'économie américaine continuerait à faire progresser les résultats des entreprises. "
Demande d'avis aux pros (ceux qui suivent la bourse depuis de nombreues années)...
Au vu des différents graphes actions, indices,on peut voir qu'il vient
d'y avoir un gros dégagement.
Sur la majorité des graphes la tendance a changé.
Il est évident qu'il se produit très souvent une reprise après une telle
chute (le rebond), un retour de l'optimisme, les gourous disent
d'acheter, la confiance revient, psychologiquement on va croire que la
bourse va repartir de plus belle etc..
A votre avis est on dans ce cas de figure c.a.d: gros signal de vente, puis amorce d'un rebond accompagné de l'optimisme des gourous puis grosse rechute par derrière ?
ou effectivement, on a atteint des plus bas et la reprise sera durable ?
Ragazzo
Je ne suis ni professionnel ni boursicoteur de longue date mais j'ai tout
même un avis sur l'interprétation de ce type d'annonce.
[...]
On peut voir plusieurs hypothèses, celle que je privilégie est la
suivante:
Goldman a de nombreux gros clients encore surpondérés en technologiques
qui
ont été surpris par le récent décrochement du marché et qui ne peuvent pas
vendre dans un climat de panique. Pour tous ces gros poissons, il est
impératif que la confiance revienne un minimum afin d'alléger leurs
positions et de continuer tranquillement leur rotation sectorielle (celle
qui a commencé en avril, pour ceux qui suivent). Aujourd'hui, à un moment
où
le marché s'agite et perd ses repères, ça ne coûte rien de balancer un
petit
coup d'Abby Joseph Cohen à la populace pour tenter d'apaiser la situation.
Dans le meilleur des cas, ça provoque le rebond solide qui va permettre
aux
gros de s'alléger.
Dans le pire, on dira simplement que le marché devenu
irrationnel a été plus fort que les propos sages et mesurés du Gourou de
Wall-Street.
Patrice Gross
Je pense qu'il y a un consensus aux US sur un prochain ralentissement de leur croissance, forcément impactée par la baisse de l'euro et le renchérissement du prix de l'énergie.
Et comme de bien entendu, les entreprises concernées au premier chef
seront celles qui assurent cette croissance, c'est-à-dire les entreprises
de technologie.
Leurs bénéfices continueront certainement de croître, mais à un rythme
moindre qui ne justifie plus les niveaux de valorisations élevées des
cours de leurs actions.
Le Nasdaq doit donc retrouver un nouveau niveau d'équilibre, ce que
semble corroborer le plus haut de l'été inférieur de 10% au plus
haut historique atteint en mars 2000 (contrairement au S&P qui a retrouvé
ses meilleurs niveaux cet été).
Il reste que la performance du Nasdaq reste encore remarquable, puisqu'en
un an il a gagné 90% par rapport au S&P.
Graphiquement, la tendance longue du Nasdaq semble baissière en-dessous
des 4000 points.
Ceci confirme l'hypothèse de rotation sectorielle.
La prudence conduit donc à ne jouer les valeurs technologiques que sur le cours terme, de vendre à l'approche des 4000 points (avec rachat si les 4000 sont franchis).