le 07.04.00
Laurent Levy
Le NASDAQ et l'indice Nouveau marche, ont plus ou moins recupere la moitie de leur chute depuis leur minima. Cette "recuperation" a ete tres rapide: quelques jours a peine... Certains on parle de "memoire courte" etc...
Le fait est que c'est la tendance. Il est difficile de voir ce que les marches vont recuperer au total. Compte tenu de la rapidite de la remontee, on pourrait penser que la semaine prochaine devrait poursuivre sur cette tendance.
Si on est long, on peut s'en rejouir. Neanmoins, il y a un probleme. A quoi a servi la correction ?
1) A "squeezer" les petits actionnaires surexposes. 2) Meme si ca ne saute pas aux yeux, une certaine selectivite s'est instauree. Artprice, Alti, Self-Trade, et probablement beaucoup d'autres ont beaucoup moins recupere que les autres et probablement ne recupereront pas avant tres longtemps.
Il y a peut etre d'autres aspects que je ne vois pas, mais pour moi, c'est un peu court. Normalement, une correction a pour effet de rammener la valorisation des actifs en rapport avec leur perspective de benefices .
A titre d'exemple prenons pour commencer une entreprise du NM que j'aime bien, qui a bonne presse (Boursier.com) et qui passe pour une des moins chere: Infotel. Au cours actuels de 116 euros, on capitalise pres de 5 fois le chiffre d'affaire 1999. Bon, ils ont leur produit webtodatabase qui est commercialise par IBM pour leur base db2, ca fait 20% de leur CA et on peut esperer que ca fera 50% d'ici deux ans. Pour le reste, c'est de la SSII traditionnelle avec les problemes de marges qu'on leur connait etc... J'ai epluche leur rapport financier 1999, qui m'a decu par rapport a mes attentes (par exemple l'activite logiciels n'a eu pratiquement aucune croissance en 99). Alors, je trouve que cette tres belle entreprise n'est pas a son prix.
J'ai aussi epluche les chiffres de Prosodie, qui est aussi une superbe entreprise qui a plusieurs vaches a lait dans son buisness. Rien a dire, belle entreprise, mais vaut elle son prix ? Certainement pas par rapport aux criteres d'evaluation habituels.
Un autre cas interessant est celui de Cryo. Arnault est entre au capital de cette entreprise a un cours equivalent d'environ 40 euros/action. Si vous voyer pourquoi un actionnaire individuel devrait payer 3 fois plus qu'Arnault pour la meme chose, j'aimerai bien le savoir.
Alors QUID des grandes capitalisations ? J'ai fait un scan rapide de tous les les grands operateurs telephoniques europeens: leur P/E sont tous superieurs a 50 et souvent superieurs a 70. Au final, les seuls actifs qui ait de bonnes valorisations sont les valeurs moyennes et les petites valeurs, dans l'ensemble completement delaissees.
Bref, la "correction" de cette semaine n'a a mon sens pas servi a grand chose. Il n'y a malheureusement qu'une issue: remettre ca mais en plus mechant et plus profond. Il faut que ca fasse plus mal pour que les acteurs du marche apprennent a valoriser de facon plus critique les actifs dans lesquels ils investissent.
C'est le point de vue du "value" investor qui me guide le plus souvent. En conclusion, on peut se contenter d'observer sur la touche si on trouve que les risques deviennent maintenant bigrement eleves. Normalement apres une veritable correction, on a tous son temps pour revenir. Pas besoin de scruter les courbes et de se donner du mal.
Bon week-end a tous
Laurent
npelletier
Réveillez-vous messieurs,
Sur les marchés que vous évoquez, il y a belle lurette que les
fondamentaux
ont été mis à la benne.
L'unique façon de gagner sa croute sur ces valeurs surmédiatisées, et
sur
tout le Nouveau Marché d'ailleurs, consiste à attendre devant le pc de
pouvoir profiter d'une de ces formidables amplitudes de cours que nous
avons
connue il y a peu. Juste en sachant faire la différence entre le haut et
le
bas, il est possible de grapiller quelques pourcents...
Je crois plutôt que nous autres, petits actionnaires, sommes à la merci et à la botte d'imposants investisseurs 'professionnels' qui possèdent une part tellement importante des titres en circulation, qu'ils sont maîtres des fluctuations CT des cours de ces actions aux volumes si restreints.
Alors oui, eux, peuvent s'intéresser aux perspectives de croissance des entreprises qu'ils accompagnent, eux peuvent s'emmerder à éplucher les rapports financiers et à entrer des tonnes de données dans leur base de données. Ils savent pertinemment qu'ils sont à même, en quelques cliks de souris, de constituer le portefeuille qu'ils souhaitent, avec (presque) n'importe quelle valeur du NM.
Mais pas nous. Nous, l'unique solution consiste à passer des heures à disserter sur ' l'écartement relatif des bandes de bollin alors que le RSI7 présente un tête-épaule bossu, annonciateur d'un DOJI dans la quinzaine...
Salut et, ..., bon courage ! Rappel : l'espoir fait vivre
GB.
Otium
t'en fais pas, les fondamentaux sont et seront toujours là.
Mais les fondamentaux ce ne sont pas seulement les bénéfices de l'an passé; Ce sont *l'actualisation de l'ensemble des bénéfices futurs*. Et avec un taux de croissance de 50 % ou 100 % les bénéfs dans 5 ans seront ... (calculer, c'est intéressant... ) beaucoup plus gros, donc sont déjà inscrit pour leur valeur actuarielle dans les cours. Ca explique déjà pas mal.
Ensuite, il y a un effet de marché : il est impossible de prévoir lesquelles de ces toutes entreprises capteront le gâteau, et lesquelles seront expurgées, par faillite ou rachat... Donc, la stratégie de gestion de portefeuille implique qu'elles soient toutes achetées ( le rendement est meilleur, c'est un calcul arithmétique ). La sélectivité est faible, et bien qu'elle doive se faire au fil du temps, celà ne joue pas encore. De ce fait, la valorisation de l'ensemble du marché Techno est plus faible qu'elle ne devrait l'être ( eh oui ! ) puisque les futurs canards boiteux font baisser la valorisation des meilleures pour l'avenir ( personne ne sait laquelle sera Yahoo, Amazon, microsoft, donc on paye le TOUT au prix moyen ) Et la meilleure stratégie est bien celle là. Tenter de deviner qui émergera est une mauvaise méthode, qui fait entrer trop de risque, autant de rater le bon support que le risque de se tromper = des pertes de rendement qui sont catastrophiques. ( le risque de la stratégie de la sélectivité est évident; or tout risque a un coût, et le coût de ce risque est simple à calculer.... comme tout risque mutualisé, il est donné par le prix que le marché offre, et le prix de ce risque par le marché est ... donné exactement par la valorisation moyenne du secteur )
Ceci dit, le potentiel de gain le plus élevé se trouve justement dans la sélection.... Puisqu'en fait, ce faisant, on encaisse la prime de risque. A condition de ne pas se tromper.... ( j'ai pas encore d'analyse juste sur la méthode de sélectivité... c'est complexe, il y a des facteurs financiers que beaucoup négligent... etc... à voir... je prends toute idée ! )
Il y a aussi effet "réflexif". la valorisation = des moyens financiers = le développement des marchés de ces entreprises. or, il y a consensus unanime sur l'avenir de ce marché ( internet, en gros et environ ), donc l'intérêt de tous est de favoriser au maximum la rapidité du développement de ce marché. Effet idem : les valorisations sont porteuses en elles-mêmes de l'assainissement du secteur, par les regroupements, les rachats, fusions, par la concurrence qui triera vite et fort, donc réalisera l'espérance de développement du marché <= l'espérance de rendement des placements.
La volatilité, dont nous faisons l'expérience actuellement , montre que le secteur est arrivé après une hausse importante au niveau de valorisation consensuel. Le secteur est maintenant à son prix. Un marché ne fonctionne pas en escaliers, mais en courbes, pour plein de raisons simple en fait. Bref, la hausse de quelques mois du secteur a simplement amené un secteur à une nouvelle valorisation, et cette valorisation est dûe au changement d'appréciation sur l'avenir d'un secteur d'activité économique, d'un marché commercial. Je me souviens, le signal a été donné, pour moi, par DSK qui en mai 99 a fait un bilan du secteur nouvelles technos, basé sur une étude profonde de son ministère. Bilan et prévisions enthousiastes... On ne peut pas trouver mieux informé... Au tournant de l'été, l'étude, ou ses retombées, a fait le tour des analystes puis des investisseurs... et s'est transformée en actes d'achat. Ce qui vient de se terminer. amha
La volatilité, encore. Elle est proportionnelle à l'espérance de rendement. CQFD. En gros, une action techno, c'est une option sur le marché commercial TMT. Normal qu'on ait cette volatilité. L'effet temps joue, comme sur une option. Plus la maturité du secteur commercial TMT grandit ( tend vers une croissance nulle en fait ), plus l'option perd en valorisation. Plus la volatilité baisse aussi. Elle est aujourd'hui au maximum ( on peut considérer le jour du krach techno comme le jour de l'émission ). C'est un peu plus compliqué qu'une simple option, parce que l'échéance n'est pas connue, et qu'elle est susceptible de varier tout le temps. ( mais il y a des modèles de pricing pour ça... ) Le strike - prix d'exercice - est plus facile à estimer. Il y a des études économiques et macro-économiques pour ça. Mais c'est aussi très variable.... Il n'y a guère de modèles de pricing pour les strike changeant ( j'en ai un, ultra-perso, c'est très très difficile, c'est marrant, ça remonte au temps où j'ai killé les warrants à P.E. glissant, gniark gniark... depuis y en a plus ! ça a coûté cher à la socgen d'employer des nuls... faut m'excuser de crâner, des fois c'est bon... )
Bon, comment on fait ?
on admet la volatilité. on sait qu'elle diminuera avec le temps, qu'elle est aujourd'hui au maximum. on admet la validité de la stratégie de portefeuille, on ne choisit pas la meilleure action ( sauf si on est très très sûr, chacun voit avec son réseau d'information ) et a priori, puisque la vol et les rendements espérés sont grands, on peut se contenter de jouer avec les indices techno, les paniers, etc... on sait que la valorisation est à peu près faite aujourd'hui, c'est à dire, que la consensus de marché donne le bon rapport valorisation/croissance attendue. A peu près : en fait, les technos sont encore sous-évaluées, parce que tous les investisseurs n'ont pas une stratégie de portefeuille ( contrairement aux tradi ! ), et que le risque supporté par là entraine cette sous valorisation ( importante probablement mais je sais pas... délicat... )
Ensuite, ce sont et ce seront justement les critères les plus fondamentaux qui feront les différences et les évolutions. Au plus pragmatique : l'économie commerciale du marché du secteur concernant les TMT. Ca, ça se trouve facilement. Avec des chiffres tout simples. Nombre d'internautes, sous dépensés par l'internaute moyen, prix de la comm. tél, de la comm. tél-internet, ou bien par exemple courtage annuel moyen laissé par un trader-perso chez un courtier auquel on ajoute le prix standard donné aux encours conservés, etc.... Et y a des analystes payés pour faire le boulot de compil' de ces données.
Enfin, plus trading : la vol. sur secteur techno peut s'exploiter. Là, c'est de la technique. On est bien payé, parce que le marché financier a besoin de liquidité, et qu'on est là pour l'offrir. le best = tenue de marché sauvage. Y de la place... et des marges... Encore plus trading : le comportement des investisseurs est différent ( de celui du marché fi des tradi; mais ça on le sait bien ! ). Qu'importent les raisons... qu'on voit bien en partie. Pour faire brièvement métaphorique, je trouve qu'il est plus "psychologique". Exemple : on peut très bien travailler au graphique, % de réussite très supérieur, comparé aux tradi. ( mais là, je ne sais pas si ce taux de réussite ne comporte pas une prime de risque... faut que je réfléchisse ). Top et bottom sont bétonnés; travaillables avec des stops autour. Etc...
Bon, fatigue... euh... tout ça c'est de la trâme grossière hein ! pour la finesse, faut du temps à engranger les infos et à laisser réfléchir....