Nicolas Perot
Argh. Voila maintenant que j'ai peur d'acheter.
En quatre ans, je n'ai connu quasiment que la hausse. Là, je suis liquide depuis septembre, et j'ai peur de retourner sur le marché, comme si je venais de réaliser qu'en fait, il y a un réel prédateur qui rôde, et qu'on s'y expose quand même pas mal quand on a des titres sur le marché.
C'est très psychologique, tout ca, alors j'essaye de me demander sur quoi je pourrais investir, et je repense spontanément à des titres qui ont été des réussites pour moi : Essilor, Royal Canin... Hormis celles-ci, rien, pas d'envie, une grande peur, comme si la société m'était totalement étrangère, avec tout le risque implicite que cela comporte.
C'est normal, docteur ?
Il faut que suive un cours de Gazelle pour retrouver l'envie d'acheter ?
Otium le 20.10.00
ben , t'achète Valéo.
ça vaut le même prix qu'il y a 10 ans ....
ça devrait pas te faire peur, et ça te remettra en selle...
Un beau cas d'image boursière, Valéo, pour le Pinson Vert.
10 ans . Même prix. Depuis le krach de la guerre du golfe ( cac = 1900 à
1400 ) jusqu'au 7000 super techno de l'an 2000.
En 1990, Goutard avait fait une annonce ambitieuse : passer le cap des 10
Mds de FRF de CA. la marge était enfin positive, et montait en triomphe à 2
%.
Maintenant, Valéo en est à 50 Mds FRF de CA, a monté sa marge à 7 %
pardon, à 6.8 %, c'est pour ça que c'est vendu, les objectifs ne sont pas
tenus... ). Bref, ça va cracher 2 Mds FRF de bénéf net.
En 1990 l'entreprise était naine, maintenant, c'est un des rares survivants
du secteur, et tient définitivement sa part du gâteau.
D'ailleurs, l'entreprise est convoitée....
Son actionnariat a longtemps été problématique, avec Cérus au contrôle ( pas
vraiment une référence, Cérus... ); mais maintenant, c'est la CGIP qui est
aux commandes. Le flottant est très large pour autant, et ne nuit pas à la
liquidité. CGIP qui a toujours été très circonspecte fait depuis toujours de
très belles et bonnes affaires. Valéo est sa seule ligne perdante depuis son
existence... étonnant.
C'est vrai, c'était à la mode. On ne pensait pas aux technos, on parlait des
nouveaux entrepreneurs, "dynamiques".... au renouveau de la structure
capitalistique française qui était encore coincée dans les héritages
nationalistes ou familiaux remontant aux années 50, de la reconstruction. Et
Goutard incarnait ces nouveaux héros.
Il est à la retraite maintenant, après avoir été parfaitement fidèle à sa
tâche.
Facteur qui compte peut être beaucoup... si les investisseurs misaient sur
un symbôle, celui étant disparu, que reste t'il ?
Le secteur est devenu boudé ( les équipementiers auto ). Tout simplement
parce que leurs clients sont peu nombreux, et font pression sur leurs
fournisseurs, avec en toile de fond une guerre des prix sur le produit final
= l'auto.
pourtant, la guerre des prix dans l'automobile est finie. C'est l'innovation
qui prime maintenant, le chic, la beauté, le pratique.... Tout le monde veut
des bagnoles, l'heure n'est plus à l'économie pour les acheteurs. Et
d'ailleurs les chasseurs de coût dans l'automobile n'ont plus la cote, du
moins, pas ceux qui pressurent les fournisseurs. Ce sont les killers
financiers qui sont à la mode. Carlos Ghosn, quoi. On en est à la
restructuration, puis à la conquête de part de marché, enfin à l'innovation
à tout crin. D'ailleurs, Ghosn a gagné sa partie en partie :-) en se
mettant les fournisseurs dans la poche, garantissant leurs prix, marges,
marché. Renault a gagné en Corée avec cette seule méthode, le rapport aux
fournisseurs.
Alors ? je sais pas. Peut être que l'heure a tourné dans la réalité, mais que la pendule boursière n'a pas été encore ajustée..... encore faudrait-il ajuster le facteur négatif ( fin d'une symbolique, d'une époque, et d'un héros, supplantée par la mode techno... ) antant que le possible facteur positif ( la position économique et financière de l'entreprise ).
Qu'est ce qu'on risque ? Bof...
Combien on peut gagner ? 100 % à court terme. plus à plus loin, mais plus
loin c'est loin... ou bien une OPA.