SRV le 13.02.00

La liste en question est cac40 sur onelist.com Cela parlait de "l'esprit du trader en scalping"

Je forward le post .... Moi j'archive tout , hehe ;-))

Gwenael Gautier

La connaissance ou l'intuition des flux d'ordres, c'est tout. Un scalper est le maitre du flot, rentre sur une vague porteuse, se degage immediatement des que la vague se brise. Il se laisse pousser par la demande, sort au moment ou se cristallise l'offre. Il vit, respire, sent, EST le marche. Il ne suit aucun indicateur, bcp trop faibles pour retranscrire cette vie grouillante, bcp trop imprecis et souvent tres en retard. Le scalper est celui qui fait UN avec son environnement, il est a la fois le commando qui se fond dans le decor, le pro du show biz qui sait sentir la salle, le champion sportif dans la zone, le nirvana de la course en tete, seul dans sa bulle tout en etant parfait conscient de tout ce qui se passe autours au micro-mouvement pres, le tout au ralenti C'est l'equivalent de la pole position en F1, tout les pilotes le constatent: le tour le plus rapide est celui qui a ete le plus lent dans la tete, comme un ralenti dans les films TV...

Le scalping est un art, et reclame bcp de talent ou alors des annees d'abandon de soi meme. Ceux qui le font parce que c'est cool ou excitant nourissent les autres pendant qqs mois puis disparaissent... Les meilleurs ramassent la grande fortune, des millions de MF par mois, voire semaine.

Gwenn

Gilles Chapuis

Jolie définition de l'excellence, l'analogie à la F1 est plus que parfaite! En te lisant je me souviens d'Ayrton Senna expliquant le pourquoi de sa domination en qualif et en course : du travail par kilo-tonnes, de la technique bien sûr mais au delà de tout ça un mental capable de fusionner pilote et machine afin de non plus se battre avec la piste mais de s'ébattre avec elle ...... quel homme!!! C'est tellement bien décrit de l'intérieur, serais tu Scalper toi même? parce que ça rime pas trop avec money management, couverture et tout ces trucs. les échelles de temps me semblent incompatibles. Mais peut être me trompe-je?
Techniquement parlant, j'assimilais les deux, à partir de quand quitte t-on le scalping pour faire du daytrading au sens où l'entendait P.Theveneau? Il me semble quand même que vos deux descriptions st un peu en contradiction, hormis le fait que c'est réservé à une élite, lui parle d'une affaire de professionnel, ce qui implique techniques, connaissances académiques, expérience + "un bon vernis" pour citer Bft bref d'une psychologie + ou - cernable..... alors que toi tu dis que c'est une affaire d'artiste, donc ouvert à n'importe qui dès l'instant que "la force est avec lui" et qu'il dispose d'un flux pour nourrir ces intuitions.donc une psychologie globale assez hétéroclite.
" vous n'aurez jamais les moyens de faire du scalping, revenez un peu les pieds sur terre." P. THEVENEAU
Les moyens en question sont ils intellectuels ou d'ordre financiers, dans ce cas est ce l'équipement en matériel dont il serait question ou plutôt la taille du capital à "investir".
En bref compte tenu des coûts inhérents à cette forme de trading et aussi compte tenu des faibles écarts pris sur le marché, quel pourrait être le capital minimum requis pour couvrir les frais et dégager suffisamment de +values? Quel marché a la faveur des scalpers? Enfin si je prend pour base l'atdmf de cahen quel serait l'unité de temps majeur type d'un scalper,1min, 5min?

Gil

Otium

Il m'est arrivé d'avoir cette expérience. Je connais bien, car c'est très marquant, l'expérience unique et qui reste gravée, de l'impression de lenteur. Je dirais plutôt, de détachement, sensation d'avoir l'esprit "au dessus " de l'action qui est en train de se faire. Et toutes les décisions sont parfaites, intouchables, car on n'est plus que spectateur de soi même. Je connaissais cet état d'esprit depuis longtemps, quand je donnais des concerts, tout seul sur une scène, avec une préparation et une concentration optimales.

Pour moi, celà n'arrive malheureusement que parfois. Je ne crois pas que l'on puisse naviguer dans cet état bien longtemps. Ca reste des moments.

Ce dont je suis certain, c'est des conditions nécessaires : la qualité de la préparation , et des règles qui entourent le travail, la patiente observation préalable, et surtout des certitudes intérieures profondes. Ces certitudes sont le fruit du travail, de l'expérience, de l'appropriation personnelle du marché considéré. On ne triche pas avec nos certitudes, elles sont parfaites ou fausses.

Il y a un travail préparatoire excellent, comme pour un concert ( en F1 ,je ne sais pas ) : la répétition lente et mentale des gestes, de nombreuses fois, dans le calme et l'isolement. Ca a l'air bête en trading, je sais, mais c'est une méthode qui m'a convenu. Il est nécessaire de s'être parfaitement approprié l'outil principal, et d'avoir une totale confiance en lui ( le flux ). Il faut être libéré de contingences matérielles, affectives aussi. n'avoir pas de crainte ni de problème à régler autour de soi.

La pratique, l'amélioration progressive en condition réelles sont une méthode pour y arriver. On peut commencer comme ça si on est capable d'éliminer absolument tout ce qui pose un problème sur le marché, et toute position non maitrisée. Il n'y a aucune considération possible pour le coût de l'élimination. Et j'ai vu que souvent c'était très difficile cette discipline. A en discuter avec d'autres, j'ai constaté que les positions étaient sources d'inquiétude, de questions, de réflexions... J'ai eu souvent l'expérience d'oublier une position. Réellement, de l'oublier tout à fait ! Et ce n'est que des jours, des semaines ou des mois plus tard, à l'occasion d'un épluchage de relevé par exemple que je trouve une "erreur" qui s'avère être une position prise bien réellement, et dans ce cas, ce sont toujours des magnifiques opérations. Je ne suis pas capable de réaliser souvent cette performance, mais je connais aussi l'état de bien être d'avoir une position qui ne donne pas le moindre souci, qui est un plaisir à contempler, même si elle est perdante ! Ce sont aussi toujours de très belles idées. L'aisance et l'absence d'inquiétude sont des très bons critères. ( ce n'est pas forcément une question de taille de position, d'ailleurs, même si on peut conseiller de jouer par coup de 2 % du portefeuille pour avoir cette aisance, il m'est arrivé que des positions énormes me fassent rire d'aisance )

Les connaissances boursières sont donc préalables, et servent à forger à la fois la décision d'être présent là où il faut et quand il faut, aussi la parfaite certitude intérieure d'avoir raison sur le fond et la manière.

Le "point d'entrée" sur un marché est essentiel. Pour cette raison. Parfois on attend des mois pour revenir.

Problème, pas exemple, pour moi : quand la certitude est cassée. J'en parle parce que celà vient de se produire, ces 2 jours derniers même. Mes clignotants intérieurs se sont allumés. Le marché action de Paris ( je ne fais que ça en ce moment ) ne peut plus me convenir, un gros coup de disjoncteur m'a cassé. Impossible de travailler, même un tout petit peu. Plus rien, plus de vision, plus la moindre lucidité. Pourtant, on pourrait travailler short, et si je place des shorts par principe, c'est sans conviction pourtant. Sans doute parce que le marché ne rentre plus dans les expériences, analyses, connaissances accumulées. Il faut donc tout reprendre à zéro pour me forger une certitude.

Ce mode de travail est plus qu'exigeant en terme personnel. Il faut accepter de n'avoir pas d'autre vie. Peut être certains savent-ils couper leur esprit à la cloture, je ne le crois pas. La nuit aussi est occupée, à refaire, répéter, prévoir, et les rêves parlent.