Question

Comment jouer la baisse ?

Réponse

Otium le 25.12.99

c'est psychologique.Préparer c'est dans la tête.
Savoir que l'on aura à rendre des gains au marché, savoir que c'est normal, donc ne pas paniquer le moment venu. Savoir qu'une baisse ce n'est pas un ou deux jours à moins 2 % mais des semaines, peut être des mois, avec peut-être des dizaines de % à baisser.Savoir rester sur le bâteau pour surfer sur la hausse n'oblige pas à y rester aussi quand ça baisse. Donc qu'il faut faire l'effort du choix de descendre. Que ce choix doit se préparer en guettant les signaux du marché, en potassant un peu les figures de baisse, voire l'histoire des bourses. Que ce choix s'il doit être pris un jour, sera forcément aussi imparfait, trop tôt ou trop tard, que ce n'est pas une raison de panique ou de reproche. Mais de technique. Préparer c'est établir des scénarios possibles, et écrire la réaction à donner alors. C'est se donner aussi des erreurs possibles, une baisse prévue et qui ne s'avère pas, par exemple; et d'écrire les réactions et règles qu'il faudrait appliquer. C'est chercher aussi où on lit ces signes, quel coefficient de force on leur donne.
Toute une préparation de guetteur. Plus une préparation à agir. C'est souvent la paralysie qui tue. On se dit toujours, après coup : je le savais ! et je n'ai rien fait !
Pourquoi ne fait-on pas ? parce qu'on ne sait pas "contre-faire". Erreur la plus commune. L'antidote est simple : si je me suis trompé, je fais le contraire ! Simple mais difficile à faire.... Et ce n'est que dans la tête. Pourquoi les nounours n'ont pas changé d'avis ? Ils en ont eu largement l'occasion !! Rien que sur les 2 dernières semaines on pouvait réaliser facilement une performance honorable qui eût suffit pour une année de gestion moyenne ! Faudra voir si les vaches sauront changer d'avis. Ce sera moins grave vu les bénéfs déjà engrangés... mais c'est là que se situe la source de l'erreur : ce confort accumulé qui paralyse.
Ne jamais se dire : "ce n'est pas grave", "je peux tenir", " je me referai", "tant pis", "j'attend le prochain rebond pour changer de sens" ( on ne le fais jamais ! parce que l'on y croit à nouveau à ce moment ! ).
Une seule règle : "si je me suis trompé, je fais l'inverse"
Technique essentielle : on ne passe baissier qu'après que ça ait déjà baissé. Quand c'est cassé. D'autant plus que des événements exogène, apparemment sans rapport avec la bourse semblent être la source du retournement. D'autant plus si cela parait absurde.
En attendant on reste haussier et à fond.
Le jour où on est passé baissier, et qu'on s'aperçoit qu'on avait tort, on change d'avis et on repart dans le train. Tant pis pour le coût. Car le bon jour, on y regagnera mille fois plus, grâce à notre capacité d'agir.

Comment être baissier ? Tout est bon, ça n'a pas d'importance, chacun son style, et de toutes façons, on continue à réfléchir et à être le plus malin possible, donc on trouvera. On peut acheter des put warrant, vendre du call monep, vendre à déc RM, rester liquide et prendre des vacances, acheter des titres contrariens ( or, immobilier, valeurs refuges, .... ) acheter un pays haussier, ou un support haussier comme une matière première qu'on a détectée, ou rester en technique d'acheteur mais travailler la volatilité intraday ( qui s'accroit toujours beaucoup en phase de baisse ) ou travailler les points de rebond passagers....
Fondamentalement le day trading ne change pas de nature en phase de baisse. C'est un avantage. Mais il y a quand même des petites différences. Ca vaut le coup d'y penser...
Je dis tout ça, mais ce n'est pas une incitation à passer baissier !