Question

Le 22.01.2000

Comment choisissez vous sur quelles valeurs opérer en intraday ?

Réponse

Otium

c'est une affaire relativement compliquée. Et qu'on ne divulgue pas forcément. J'avais fait la démonstration, avec Eurafrance que divulguer une opportunité de travail intraday peut la tuer. C'est particulièrement vrai dans un cas comme celle ci, sur marché relativement étroit, avec une régularité de métronome, donc une belle prévisibilité. Ce genre de cas restera donc secret, et soumis à la sagacité concurrentielle des opérateurs... ;-) Il s'agit de cas où on peut détecter une activité programmée pour tenir le cours du titre à un niveau voulu de la part de certains opérateurs qui y ont intérêt.

Par ailleurs : il y a 2 types d'intervention intraday possibles.

  1. sur range ( une bande d'écart )
  2. sur tendance ( attraper hausse ou baisse su titre sur la journée )
Et il y a deux types d'informations exploitables :
  1. fondamentales ( raisons propres à la société cotée )
  2. techniques ( le marché du titre, les échanges )
Cas idéaux ( leurs noms sont perso NDLR ) :

  1. le "peigne". Ca a été le cas d'Alstom il y a un an, le plus beau cas qu'il m'ait été jamais donné de voir. 50 à 100 échanges par jour, quasi-tous sur haut et bas d'une fourchette fixe, à écart significatif ( 2 % à l'époque ). Rendement possible énorme mais limité par la taille d'un ordre absorbable par le marché. On pouvait caser 100 à 300 titres toutes les 5 minutes. Je vous laisse calculer. ;-) J'ai payé ma maison avec .
  2. la "flèche" : géophysique avant hier. un tout droit de 15 %. lagardère il y a trois jours. un tout droit du même ordre. Ca marche à la hausse et à la baisse.

Détection de 1 = le voir sur un graphe intraday, et supposer que le lendemain ce sera pareil. Optimisation : se taire / capter le maximum des échanges sur le titre, et sur le maximum de capital / compter en prix de revient / éliminer tous les ordres parasites ( il faut du capital ) sans état d'âme...

Détection de 2 = impossible, méthode = être placé par principe sur tout titre qui "peut" le faire ( critère forcément fondamental; l'AT c'est zéro pour ça ), et au moins doubler la position dès que le décollage est senti pur feeling, mais ça se voit à l'ouverture, aux ordres ). Optimisation : préparer longtemps à l'avance la position pour le décollage, l'amener au meilleur coût / multiplier la position au moindre décollage ( prix moyen à garder inférieur d'une unité de variation moyenne du titre ) / uniquement sur les critères de volumes des ORDRES, savoir sortir la partie complémentaire de la position sur tout plus haut intermédiaire, à racheter sur le plateau de la baisse qui suit, fonction de la nature et de la taille des ORDRES, et presque systématiquement dans la 1/2 heure qui suit l'ouverture du lendemain, avec des ordres pièges étagés / ne plus jamais sortir la position initiale.... ( cf le travail sur géophysique que j'ai un peu détaillé; il y a eu plusieurs flèches, et autant de creux ; ça nous donne une allure en dent de scie; on gagne bien plus en optimisant qu'en captant la pure hausse )

Cas non idéaux :

ils sont multiples, et composés. Il n'y a pas de théorie pour tout ça. Et je ne vais pas tout dire, hein ! J'ai classé les allures des graphes intraday en 12 catégories, 12 dessins types, et ça recouvre plus de 95 % des cas.

En gros, ça donne des figures graphiques. Ce que tout le monde connait. Le tout est de donner une probabilité d'effectuer une figure plutôt qu'une autre. Et d'agir en proportion de cette probabilité ( qui n'a pas à être estimée, il s'agit d'un arbre binômial ). I lfaut donc classer les figures en arborescence. C'est facile.

Il y a le comportement du marché. le plus classique à détecter, celui de l'intradayeur commun = ouverture / orientation / contre-orientation ; si la contre-orientation ne dépasse pas le premier point, alors c'est l'orientation1 qui donne le sens de la séance => prise de position + stop sur point n°1 ou d'ouverture. Défauts : on ne capte jamais une flèche, on a des frais de stops, on a une rentabilité satisfaisante mais pas extraordinaire ( ça marche beaucoup mieux au nasdaq )

Pour les régularités. C'est toujours de la détection par le suivi des échanges chaque jour. Critères = taille des ordres, heure de ces ordres atypiques, comportements des fixings ( ouv et clot donc ). C'est une question de répartition des volumes dans le temps au fond. Mais il n'y a pas besoin de théoriser, il faut le détecter à vue. Toujours supposer que tout comportement atypique se reproduira le lendemain. D'autant plus que la période s'est prolongée ( on a des pertes de rendement sur les jours sans, ça arrive toujours ! car il y a un opérateur derrière, et celui-ci n'est jamais fiable à 100 %, se méfier du vendredi après-midi, eh oui :-) )

Choix des titres, critères fondamentaux. Séparer en catégories

  1. Tendance
    C'est facile quand on connait la cote et les société. On ne peut pas faire un cours de culture boursière ici. En vrac : sociétés en grandes difficultés, en recovery ( géophysique, DMC, Moulinex... ); secteurs susceptible de grand mouvement, or, matières premières, technos actuellement, cycliques ( usinor, aurifères, parapétrolières... ); situation spéciales : transferts de marché ( Transiciel vers le RM ... ), intros, opérations sur le capital prévue ( kingfisher, SGE, Facom,..... ); secteurs en recomposition ( les bancaires en 99... ); bon, etc...
  2. Régularités
    Je le redis, ça s'observe avant tout. Privatisées récentes ( nombre des ordres issus des particuliers, incertitude du marché à donner une valorisation, qui se cherche (Aéro, et même Sanofi ), ... ); titres ennuyeux à mourir ( Essilor .. ), titres faisant rire, titres faisant l'objet d'enjeux capitalistiques spéciaux, impliquant un certain milieu, soit celui de l'état ( la CDC est toujours ridicule dans ses opérations sur le marché ), soit celui de la vieille finance des lambris parisiens ( Scor, Eurafrance & cie, crédit national, Marine Wendel... ); mais aussi titres au comportement très libre ( jamais de manipulation ) et à tradition de volatilité ( Renault ) Ces titres, en général, passent par ce style avant de passer au style 1. D'où l'intérêt de ce travail : capter les régularités pour se placer avant le décollage de tendance.

On peut composer tout ça, et plusieurs points se recoupent parfois. Quand plusieurs critères importants convergent et que les comportements sont nets, on a un signal de qualité, et on prend part AUTOMATIQUEMENT. ( les états d'âme, ça n'existe pas en bourse ) A chacun d'adapter sa sélection.

NB : Tu nous dois une bière bien fraiche !