goon le 04.02.01
Le money management traite de l'ensemble des règles destinées à régir et contrôler le risque. Son application se répercute sur la taille des positions, les stratégies de stop-loss, la diversification, l'utilisation du levier et les ajustements de volatilité. Le money management n'est pas une science exacte. Bien souvent, les day traders n'ont aucune stratégie de money management ou encore pire ils appliquent les règles de money management pour les portefeuilles LT à leurs positions intraday. Je vous propose de combler en partie le vide technique auquel les day traders doivent faire face en vous présentant à l'aide d'un article exhaustif de Dave Landry (trader professionnel) relatif aux règles de money management.
-> Commençons par ce sacro-saint 2% cher à tous nos gourous du trading. Un maximum risk per trade de 2% signifie que sur chaque trade, vous êtes prêt à perdre 2% de votre capital. Soit! Pour un day trader, une perte de 2% par trade, c'est déjà beaucoup, mais 2% sur le capital, ce n'est pas raisonnable. Un portefeuille en levier 1 de 10 positions intraday stoppé dans son intégralité représente une perte de 20%. A ce rythme, votre expérience du trading se limitera à quelques jours seulement. Un day trader doit d'abord penser à durer. Durer en sachant que l'on risque de perdre chaque jour 20% de son capital...Pas facile! Pas facile non plus d'ériger une règle qui s'appliquerait uniformément à tous les marchés ainsi qu'à tous les supports. Néanmoins, il faut déterminer un maximum risk per trade, il faut s'en appliquer un à soi et à son type de trading. De façon générale, disons que le meilleur risk per trade, c'est 0. Ensuite, c'est à chacun de s'appliquer un % qui lui convient. Il existe 2 manières de gérer son risk per trade: a) en appliquant un % fixe à toutes les positions. Valable uniquement si on travaille sur des supports équivalents et de volatilité constante. b) en gérant la taille des positions selon la volatilité du support. Sur un support qui affiche une volatilité intraday constante de 3%, et sur un autre de 15%, la taille de la seconde position sera 5 fois plus petite. Ainsi, si l'on s'accorde un maximum risk per trade de 0.1%, le stop laissera davantage de "mou" à la seconde position qu'à la première. C'est la seule application du volatility-based-stop qui soit valable. La définition traditionnelle du volatility-based-stop consiste en ce qu'un % fixe et prédéterminé soit appliqué uniformément à toutes les positions. Or, il devrait être placé selon la volatilité du support accordé au maximum risk per trade et par conséquent régir la taille de la position.
-> S'il correspond à un maximum risk per trade de 2% sur un portefeuille de
10 positions, un drawdown de 20% pour un portefeuille Intraday est bien sur
excessif. D'une part, nous avons vu plus haut que perdre 20% par jour
n'assurait pas une grande longévité, nous allons maintenant démontrer que
même les chiffres sont contre nous!
Pour récupérer une perte de 20%, il ne faut pas faire 20%, mais 25%.
En effet, pour un capital de 100, une perte de 20% entame le capital de 20,
il nous reste dons 80. Mais pour un gain de 20% sur 80, nous n'arrivons qu'à
96. Et c'est donc un gain de 25% qu'il faut réaliser pour recouvrir sa
perte. Voici un tableau qui illustre la folie des drawdown élévés:
Perte en capital (%) -> Gain nécéssaire pour se refaire (%)
10% -> 11,11%
20% -> 25%
30% -> 42,85%
40% -> 66,66%
50% -> 100%
60% -> 150%
70% -> 233%
80% -> 400%
90% -> 900%
100%->lessivé!
La progression des % est géométrique. Tout comme le bon maximum risk per
trade, le bon drawdown est le drawdown le plus proche de 0.
-> Le reward-to-risk ratio ou risk/reward correspond au nombre de points que vous risquez de perdre par rapport au nombre de points que vous espérez gagner. Vous entrez sur une valeur pour prendre 2 euros par titre, la perte possible maximale doit être inférieure à 1 euro par titre. Estimer son risk/reward avant chaque trade est un exercice excellent qui permet de contrôler ses prises de position intuitives. Acheter une valeur dans un trend haussier intraday, oui, qui aurait accompli les 3/4 de son range intraday, non si l'on estime son risk/reward avant la prise de position. Gérer son risk/reward est assez facile sur les supports relativement liquides avec suffisamment de ticks(donc inférieurs à 50euros). J'achète dans le bas d'un range de 2 euros sur lequel je souhaite gagner 200 ticks à 0.01 et sur lequel je risque 20 ticks à 0.01. Un reward-to-risk ratio de 200:20, cela fait 10:1, c'est excellent! Sur des valeurs supérieures à 100 euros (tick de 0.10) et faiblement liquides, c'est à dire sur lesquelles tous les ticks ne sont pas exploités, gérer son risk/reward devient un exercice difficile.
-> Dépend complètement du type de trade que vous faîtes.Conserver une partie de la position dans le haut d'un range intraday n'a aucun sens. Au contraire, c'est souhaiter un breakout et laisser le hasard faire le reste. D'une manière générale, lorsque l'objectif fixé est atteint, concrétisez-le et sortez de la position. Un trade intraday gagnant, c'est un trade fini, pas latent.
-> La moyenne à la baisse est à proscrire. Si le premier trade était une prise de position réfléchie, le second en sera souvent autrement, c'est souvent par faiblesse que l'on est tenté de moyenner. Conservez le contrôle de vos trades en acceptant de prendre vos pertes. En prenant une petite perte, vous décidez des coups à jouer, en moyennant, ce n'est plus vous mais le marché qui dirige vos actions. De plus, avec une moyenne à la baisse, tous les ratios calculés précédemment perdent leur sens, et la prise de risque s'accroît.
-> Préférez moyenner à la hausse en fractionnant vos ordres. Ceci dit, adaptez cette règle selon la configuration du marché que vous tradez. Dans un trending market, fractionner ses ordres et moyenner à la hausse les positions latentes gagnantes peut-être judicieux, mais c'est rarement le cas dans un trading market. Lorsque vous jouez un range étroit, il faut placer le maximum de cash dans le bas du trading range, car fractionner son ordre augmente considérablement le coût du trade.
-> Un day trader même peu expérimenté sait que c'est inexact. Lors d'un gap down intraday, qu'il soit dû à une raison fondamentale ou bien à un déclenchement succesif de stops, vous ne maîtrisez pas le cours d'execution. De plus, ce type de gap est souvent dû à des institutionnels qui cherchent à entrer LT à un prix très bas. Enfoncer le support leur permet de provoquer un gap down et de se placer à un prix plus faible. Ainsi, bien souvent, poser un stop au-dessous d'un support ne fonctionne pas. Avec les stops mentaux, vous gardez la main et décidez de votre sortie.
-> Connaître le fonctionnement du marché que l'on trade est un minimum. Documentez vous et maîtrisez parfaitement le fonctionnement des marchés, notamment de produits dérivés avant de prendre position. L'apprentissage n'est pas une perte de temps. Il y aura toujours des gens pour vous faire des prix et trader.
-> Ne vous placez pas en situation d'overtrading. Votre jugement est biaisé, le marché a changé de configuration, mais pas votre style de trading, vous vous entêtez et les pertes s'amassent... Prenez du recul et analysez autant de fois qu'il sera nécéssaire des graphes LT.
-> Se faire sanctionner par le marché n'est pas évident à gérer. Il faut prendre ses pertes et brûler des centaines ou milliers de francs en quelques minutes pour savoir si vous avez une chance de survie à long terme dans le trading. Si vous refusez de prendre votre perte ou moyennez à la baisse, passez à autre chose, vous n'êtes pas fait pour exercer cette activité. Si vous avez pris votre perte et brûlé 1000 balles en 2 minutes, vous présentez des aptitudes. Enfin, si vous ne retirez aucun enseignement de cette perte, alors vous serez en danger permanent. En revanche, si vous prenez le temps de réfléchir et de comprendre cette sanction immédiate du marché, vous êtes probablement le bon cheval!
Bibliographie: